Orbes en photographie : phénomènes lumineux, illusions d’optique et méthode d’enquête
10/03/2026
Apparus avec la photographie numérique, les orbes intriguent depuis longtemps. Ces sphères lumineuses, souvent interprétées comme des présences spirituelles, trouvent pourtant leurs racines dans la physique de la lumière et les limites de notre perception. Entre illusion d'optique, phénomène physique et croyance, leur étude éclaire les mécanismes de notre regard --- et la manière dont la science et le sensible s'entremêlent.
1 Résumé
Les « orbes » visibles sur des photographies ou des vidéos sont souvent perçus comme des manifestations spirituelles ou énergétiques. Pourtant, la grande majorité d'entre eux s'expliquent par des phénomènes optiques et perceptifs bien connus : rétrodiffusion de lumière, défocalisation, et biais cognitifs humains. Cet article présente les aspects physiques, photographiques et psychologiques du phénomène, et propose un protocole d'enquête pour les identifier avec rigueur.
2 Introduction
Parmi les images les plus partagées du paranormal moderne, les orbes --- ces sphères lumineuses qui apparaissent sur certaines photographies ou vidéos --- occupent une place particulière. Pour certains, elles constituent la preuve tangible d'une présence invisible ; pour d'autres, elles ne sont que des artefacts optiques. Entre croyance, technique et perception, le phénomène illustre la tension entre ce que nous voyons et ce que nous croyons voir.
3 Que sont les « orbes » ?
a. Définition et origine du terme
Le mot orbe dérive du latin orbis, « cercle », « sphère ». Son usage contemporain dans le champ du paranormal apparaît dans les années 1990 avec la popularisation des appareils photo numériques à flash intégré. En langage scientifique, un orbe est un artefact lumineux résultant de la rétrodiffusion sur des particules proches de l'objectif.
b. Dans le langage courant
Dans le milieu paranormal et sur Internet, le mot orbe désigne des sphères lumineuses apparaissant sur des photos, vidéos ou parfois perçues à l'œil nu, souvent associées à une présence invisible : âme, esprit, énergie. Ces apparitions sont généralement décrites comme des disques lumineux (blancs, bleutés, verdâtres ou rosés), visibles surtout dans les lieux sombres ou chargés émotionnellement, et apparaissant sans source lumineuse apparente, parfois multiples, et qui semblent parfois se déplacer de manière "intelligente" ou suivre une trajectoire cohérente à la caméra.
Le terme a été popularisé dans les années 1990, avec la démocratisation des appareils photo numériques à flash intégré. Les forums, émissions télé et réseaux sociaux ont ensuite amplifié ce phénomène, souvent sans lien avec la photographie scientifique.
Chronologie de la terminologie
Des artefacts circulaires de lumière existent en photographie argentique (poussière/gouttelettes éclairées et défocalisées) : on en observe sur pellicule, Polaroid et numérique ; en jargon photo, on parle de rétrodiffusion/backscatter et de cercle de confusion. L'usage populaire et massif du mot « orbe » pour désigner ces disques se diffuse surtout à partir des années 1990 avec la généralisation des compacts numériques et de leurs flashs coaxiaux. Autrement dit : le phénomène optique préexistait en argentique, mais le terme « orbe » et sa lecture paranormale s'imposent à l'ère numérique.
c. Dans le milieu photographique
En photographie, un orbe n'est pas un objet réel dans la scène, mais un artefact lumineux dû à plusieurs phénomènes physiques .
3.0.1 La rétrodiffusion (backscatter) :
Lorsqu'un flash ou une source lumineuse éclaire de très près de petites particules (poussières, gouttelettes d'eau, pollen), la lumière est renvoyée vers la source et captée par l'objectif : c'est la rétrodiffusion. L'effet est maximal lorsque la source est alignée avec l'axe optique --- cas typique des compacts et smartphones. Le même principe gêne la photographie sous-marine, où les particules d'eau diffusent la lumière des stroboscopes.

3.0.2 Le Cercle de confusion et défocalisation :
Les particules responsables sont hors du plan de mise au point c'est la défocalisation. Elles apparaissent alors comme un disque flou --- le cercle de confusion --- dont la taille dépend de la distance, de la focale et de l'ouverture. Une grande ouverture (f/2.8) produit des orbes plus grands ; un diaphragme fermé (f/11) les rend plus petits et plus nets. Leur forme peut refléter celle du diaphragme (hexagonale, octogonale), ce qui explique certains contours.

Diffusion de Rayleigh et de Mie --- Pourquoi les orbes peuvent être de couleurs différentes
Quand la lumière d'un flash ou d'une lampe éclaire des particules en suspension dans l'air (poussières, gouttelettes, etc.), elle est diffusée dans toutes les directions.
C'est ce phénomène qui explique à la fois la couleur du ciel... et celle de certains orbes sur les photos.
La diffusion de la lumière dépend du rapport « taille de particule / longueur d'onde » : la diffusion Rayleigh (les très petites particules) favorise des dominantes bleutées ; C'est la diffusion par des molécules ou particules très fines (taille ≈ 10 nanomètres, bien plus petites que la longueur d'onde de la lumière).
La lumière bleue (courte longueur d'onde) est beaucoup plus diffusée que la lumière rouge (longue longueur d'onde).
C'est pour cela que :
- Le ciel est bleu le jour
- Et que certains petits orbes peuvent tirer vers le bleu ou le violet.
La diffusion Mie (particules plus grosses, proche du micron) donne des reflets blancs/jaunes.

C'est le cas :
- Des nuages blancs
- Des orbes clairs ou blancs sur photo, souvent dus à des gouttes ou poussières proches de l'objectif.
Ces lois expliquent les variations de teinte des orbes selon le milieu (poussières sèches, humidité, brume, pluie fine).
En résumé :\ Les petites particules → diffusent surtout le bleu → orbes colorés (bleu, rose pâle).
Les grosses particules → diffusent toutes les couleurs → orbes blancs ou jaunâtres.
Plus la lumière est axiale et intense, plus l'effet est marqué.
Ce n'est donc pas une "énergie colorée", mais un effet optique dépendant de la taille et de la nature de la particule.
Physiquement, il s'agit donc d'un phénomène optique parfaitement expliqué
a. Conditions de prise de vue favorables
Les orbes apparaissent plus souvent lorsque : flash/LED intégrée (source proche de la lentille), air chargé (poussière, brume, pluie fine), faible lumière (ISO élevés), petits objectifs (profondeur de champ). Les photographes sous‑marins recommandent de déporter le flash pour réduire l'alignement source/objectif.\
Les appareils compacts et les smartphones produisent souvent des orbes en raison de leur conception optique. Le flash ou la LED, placé très près de l'axe de l'objectif, renvoie la lumière directement vers la lentille lorsqu'elle rencontre des particules en suspension dans l'air. De plus, ces appareils fonctionnent généralement à courte distance avec une grande profondeur de champ : de nombreuses particules proches de l'objectif sont alors fortement éclairées, sans être nettes. C'est ce flou lumineux qui se traduit visuellement par l'apparition de disques appelés « orbes »
Diagnostic photographique et reproduction des orbes
Diagnostic rapide
- Flash ou LED proche de l'axe optique → la lumière revient directement vers la lentille.
- Courtes distances de prise de vue et grande profondeur de champ → de nombreuses particules sont fortement éclairées mais restent hors focus, formant ainsi des disques lumineux.
- Éclairage infrarouge (vision nocturne, caméras de sécurité) → accentue les orbes produits par la poussière ou les insectes.
- Présence d'une source co-axiale (flash ou LED intégrés à l'appareil) → probabilité d'orbes accrue.
- Contexte riche en particules : poussière, pluie, brume, intérieurs anciens, greniers, zones humides ou aquatiques → risque augmenté.
- Variation avec l'ouverture : à f/2.8 les orbes sont larges et diffus ; à f/11 plus petits et nets (effet de la géométrie du cercle de confusion).
- Angle d'éclairage : les orbes disparaissent lorsque la source est décalée hors axe (flash déporté ou strobe latéral).
- Répétabilité : une tache fixe au même endroit sur plusieurs images indique une poussière sur le capteur ; un orbe qui change de position ou de taille provient d'une particule en suspension.
Reproduction contrôlée d'un orbe (protocole expérimental)
- Dans une pièce sombre, remettre de la poussière en suspension (par exemple en secouant un plaid).
- Utiliser un flash intégré et faire la mise au point sur un sujet distant, puis déclencher en rafale.
- Faire varier l'ouverture (f/2.8 → f/11), la puissance du flash et la distance au sujet.
- Refaire la série avec un flash déporté (cordon ou trigger) → les orbes sont alors fortement réduits.
4 Le cas particulier des insectes : de "petits orbes vivants"
Certaines vidéos ou photographies montrent des "orbes" plus denses, mobiles, semblant intelligents : il s'agit souvent d'insectes éclairés en mouvement. En effet sur les photographies ou vidéos, certaines "boules lumineuses" plus compactes, plus brillantes, et semblant se déplacer de façon autonome celle-ci proviennent souvent d'insectes éclairés en mouvement. Leur aspect varie selon plusieurs facteurs : la vitesse de déplacement, la durée d'exposition, et le type d'éclairage utilisé (visible ou infrarouge).
| **Observation** | **Poussière / gouttelette** | **Insecte** |
| Forme | Disque diffus | Point compact ou allongé |
| Déplacement | Lent, flottant | Rapide, erratique |
| Luminosité | Stable | Variable selon battement d'ailes |
| Durée | Fugace | Plusieurs frames continues |
Les insectes réfléchissent fortement la lumière infrarouge des caméras de surveillance ou des LED,. En vidéo infrarouge (caméras de surveillance, IR intégrées), les ailes et le corps reflètent fortement la lumière IR émise par les diodes autour de l'objectif. Le résultat est une forme compacte, parfois scintillante, qui "zigzague" à l'écran donnant l'illusion d'objets lumineux autonomes
En photographie, en pose longue si le temps de pose dépasse 1/30 s) avec flash ( prise de vue automatique des smartphones par exemple dans des milieux sombres, l'insecte laisse une trainée sinueuse, parfois ponctuée (mouvement des ailes).
[Tableau : Insectes : de "petits orbes vivants"]
| **Observation** | **Poussière / gouttelette** | **Insecte** |
| Forme | Disque diffus | Point compact ou allongé |
| Déplacement | Lent, flottant | Rapide, erratique |
| Luminosité | Stable | Variable selon battement d'ailes |
| Durée | Fugace | Plusieurs frames continues |
🧪 Vérification simple sur le terrain
Lors d'une enquête, il est possible de reproduire un "orbe insecte" :
Laisser entrer des moucherons dans une pièce sombre.
Activer une caméra IR ou un flash intégré.
Observer les trajectoires rapides, en zigzag, et les reflets changeants.
Répéter avec les mêmes conditions mais en pulvérisant légèrement de la poussière ou de l'eau : on verra immédiatement la différence de texture et de mouvement entre poussières flottantes (orbes flous, lents) et insectes lumineux (points vifs, animés).
[Tableau : Comment différencier un insecte d'un orbe particulaire]
| **Observation** | **Orbe (poussière/gouttelette)** | **Insecte** |
| Forme | Disque diffus, semi-transparent | Masse lumineuse plus compacte ou allongée |
| Bord | Doux, souvent circulaire régulier | Bord irrégulier, parfois asymétrique |
| Déplacement | Flottant, lent, souvent rectiligne (effet de vent/brise) | Mouvement rapide, erratique, changement brusque de direction |
| Brillance | Homogène, douce | Variable selon battement d'ailes et angle de réflexion |
| Durée d'apparition (vidéo) | Stable quelques frames | Visible sur plusieurs frames avec trajectoire sinueuse |
| Conditions favorables | Milieu poussiéreux ou humide | Extérieur chaud, saison estivale, lumière IR ou visible intense |
5 Hypothèses paranormales : critères de validité et réfutation pour de « vrais » orbes
Si les orbes étaient de véritables phénomènes lumineux autonomes, ils devraient manifester des caractéristiques mesurables distinctes d'un simple artefact photographique.
| **Critère attendu** | **Explication scientifique** | **Observation réelle** |
| Source de lumière propre | Visible sans flash, spectre mesurable, multi angles | Aucun cas vérifié : disparaissent sans flash et jamais simultanés sur plusieurs caméras |
| Interaction avec l'environnement | Ombre, éclairage d'autres surfaces, modification de la luminosité locale | Jamais observé |
| Signature thermique | Détection par caméra IR indépendante | Absente |
| Comportement autonome reproductible | Trajectoire dirigée, réaction à stimuli, pattern stable | Mouvements aléatoires dépendant des flux d'air |
| Captation multi capteurs synchronisée | Enregistrement simultané sous angles distincts | Aucune coïncidence confirmée (tests ASSAP, 2009) |
| Présence IR sans source visible | Émission infrarouge propre détectable | Reflets des LED IR intégrées uniquement |
Comment le prouver, s'il existait ?
- Captation sans source lumineuse externe (obscurité contrôlée).
5.1 Interaction avec l'environnement ( éclaire d'autres objets ; génère une ombre etc..)
- Triangulation multi capteurs synchronisée sous angles différents.
- Mesure d'une signature spectrale ou thermique autonome.
- Reproductibilité en conditions contrôlées.
Aucun dossier à Spectre n'a, à ce jour, satisfait ces exigences.
\ → Conclusion scientifique : À ce jour, aucune observation d'orbe ne satisfait ces critères physiques. Toutes les images et vidéos analysées par des organismes indépendants (SPR, ASSAP, CNES/GEIPAN, groupes de photographie scientifique) trouvent une explication compatible avec la diffusion de la lumière sur des particules ou insectes.
6 Psychologie de la perception et biais d'interprétation ou pourquoi notre cerveau voit des intentions partout ?
a. Que disent les sciences humaines ?
Les travaux fondateurs de Heider et Simmel (1944) ont démontré que notre cerveau attribue spontanément des intentions et des émotions à de simples formes en mouvement. Ce mécanisme d'anthropomorphisation ou d'animisme perceptif explique pourquoi, face à une lumière mouvante --- même issue d'une poussière ou d'un insecte ---, un observateur peut y voir une "présence" dotée d'une volonté ou d'un message.\ \ Des recherches modernes (Tremoulet & Feldman, 2000 ; Parovel, 2023 ; Huang et al., 2023) confirment des mécanismes de détection d'agentivité activés dès qu'un objet change de direction ou accélère de manière autonome --- d'où l'animisme visuel.\ Tremoulet & Feldman (2000) ont montré qu'un seul point lumineux, changeant légèrement de direction, suffit pour évoquer une "volonté propre" et Parovel (2023) et Huang et al. (2023) ont précisé les bases cognitives et cérébrales de cette perception d'animé : le cerveau détecte « autonomie, auto-propulsion et but » dès qu'un objet bouge "de lui-même".
Des études en psychologie sociale (Riekki et al., 2014) indiquent que les personnes ayant des croyances paranormales attribuent davantage d'intentions à des stimuli ambigus.
Effet Heider & Simmel (1944)
L'« effet Heider & Simmel » : la naissance de l'animisme visuel
En 1944, les psychologues Fritz Heider et Marianne Simmel présentent à des volontaires un petit film muet dans lequel deux triangles et un cercle se déplacent dans un rectangle.
Aucune histoire n'est racontée. Pourtant, les participants décrivent spontanément une narration émotionnelle :
"Le grand triangle est méchant, il poursuit le petit",
"le cercle veut sauver son ami", etc.
👉 Ce phénomène, aujourd'hui appelé effet Heider & Simmel, montre que le cerveau humain ne peut pas s'empêcher d'interpréter le mouvement en termes sociaux ou intentionnels, même lorsqu'il n'y a qu'un simple déplacement géométrique.
Cette expérience est devenue fondatrice dans l'étude de :
- L'anthropomorphisme perceptif,
- La théorie de l'esprit intuitive,
- La perception d'animé à partir de signaux purement visuels.
Ces mécanismes sont liés à notre théorie intuitive de l'esprit --- la tendance à attribuer émotions, intentions et agentivité à tout ce qui semble se mouvoir de façon non aléatoire.
a. Lien avec les orbes
Quand une petite lumière se déplace de manière irrégulière sur une image (poussière, insecte, reflet), ces circuits perceptifs s'activent. Notre cerveau interprète alors une intention, une présence ou une entité --- ce qu'on nomme animisme visuel.
Autrement dit : nous voyons des intentions, pas parce qu'elles existent, mais parce que notre cerveau prévoit qu'elles pourraient exister. C'est une adaptation évolutive : percevoir trop d'intentions est moins dangereux que d'en manquer (mieux vaut confondre une branche qui bouge avec un animal, que l'inverse).
Mais dans le domaine du paranormal, cette tendance fausse la lecture de phénomènes lumineux : un orbe qui "vole" vers la caméra sera perçu comme une "présence consciente", alors qu'il s'agit souvent d'une particule physique suivant les courants d'air.
7 Méthodologie d'enquête :
- Fiche de contexte
- Fiche contexte : lieu, météo/hygro, poussière visible, présence d'insectes, source(s) lumineuse(s) (modèle/position), optique/boîtier, réglages EXIF.
- Contre-tests systématiques (méthode SPECTRE)
- Type de matériel utilisé : caméras infrarouges fixes, caméscopes IR portés.
- État de la scène : présence de poussière, brume, insectes dans le cône IR.
- Conditions environnementales : pluie/humidité, portes ouvertes, courants d'air, tissus déplacés.
- Observation multi-capteurs : vérifier si d'autres caméras voient la même chose simultanément.
- Nettoyage préalable : lentilles, capteurs, boîtiers avant session.
- Reproduction contrôlée
- Expérimentations comparatives (IR vs visible, repositionnement sources, répétition). L'objectif est de déterminer si le phénomène suit les paramètres physiques attendus.
- Archivage et traçabilité
- RAW, notes, croquis de placement, journal d'enquête, répétition à J+N pour constance.
- Interprétation et classification
- Physique identifié ;
- Indéterminé ;
- Incompatible avec le modèle connu (cas très rares, étude approfondie).
Et pour aller nous continuons de chercher entre science, perception et croyance
Les recherches en optique, psychologie et anthropologie montrent que le phénomène des orbes se situe à la croisée de plusieurs disciplines :
- Optique : rétrodiffusion et formation d'images en milieux diffusants.
- Psychologie : perception d'animé et attribution d'intention.
- Anthropologie : preuve technologique du croire
De nouvelles connaissances arrivent chaque jour et nous essayons tous les jours de progresser sur le domaine.
8 Discussion & conclusion générale
Souvent, lorsque des personnes nous envoient des photos d'orbes, elles le font dans un contexte émotionnel : un lieu perçu comme "chargé", une impression étrange, ou un ressenti qu'elles cherchent à valider. La photo devient alors une tentative de donner forme à l'invisible, de valider ce ressenti, de le rendre tangible, visible, communicable. C'est souvent la seule manière qu'elle a de dire : « Il se passe quelque chose ici. »
Ces images ne prouvent pas le paranormal, mais elles témoignent d'une expérience vécue. Et c'est précisément là que l'enquête prend tout son sens : aller au-delà du phénomène lumineux pour comprendre le contexte émotionnel et perceptif dans lequel il émerge. La physique explique la lumière, mais pas le sentiment de présence qu'elle accompagne parfois.
Ce n'est donc pas parce qu'un cliché s'explique par de la poussière ou des insectes qu'il ne s'est rien passé d'autre. L'important n'est pas de rejeter, mais de recontextualiser : un orbe peut n'être qu'un artefact, mais le ressenti qui l'accompagne mérite toujours attention. Dans bien des cas, ces photos constituent une illustration maladroite d'une perception plus vaste --- un appel à comprendre ce qui dépasse l'image.
En cherchant à les comprendre, nous n'explorons pas seulement un effet d'optique : nous explorons la rencontre entre la lumière, la matière et l'esprit humain.
C'est dans cet espace --- entre science et sens --- que se situe la démarche de SPECTRE: observer sans croire, comprendre sans nier, et continuer à chercher.
9 Références bibliographiques (sélectives)
Heider, F. & Simmel, M. (1944). An Experimental Study of Apparent Behavior. The American Journal of Psychology, 57(2), 243--259.
Tremoulet, P.D. & Feldman, J. (2000). Perception of animacy from the motion of a single object. Perception, 29(8), 943--951.
Parovel, G. (2023). Perceiving animacy from kinematics. Frontiers in Psychology, 14, 1167809.
Huang, Y. et al. (2023). Animacy perception from motion cues: Cognitive and neural mechanisms. Acta Psychologica Sinica, 55(12), 1460--1475.
Born, M. & Wolf, E. Principles of Optics. Cambridge University Press.
Rosen, J. (1991). Multi-wavelength backscattering of aerosols. Applied Optics.
Rohrbach, A. (2009). Artifacts Resulting From Imaging in Scattering Media. PubMed.
SPIE Conference Proceedings (2013). DeOrbIt: Computational treatment of backscatter artifacts in digital imaging.
Remote Sensing of Environment (2018). Short-range lidar analysis of elastic backscatter phenomena.
Encyclopædia Britannica --- Rayleigh and Mie Scattering.
Supports techniques Canon, Fujifilm ; Underwater photo pro tips (strobist déporté, angle de flash).
CNES/GEIPAN (2018). Analyse vidéo -- Insectes & reflets.
